Le faux pas

Ce couple d’une quarantaine d’années, très amoureux à l’origine mais nommant peu ses sentiments, s’est, avec les années, l’attention réclamée par les enfants, les soucis professionnels, enfoncé dans la routine.
Paul n’aborde jamais avec Léa le terrain sentimental, elle a maintenant l’impression que, pour lui, « elle fait partie des meubles ».
Le besoin impérieux de se sentir à nouveau exister pour un autre la pousse, le hasard aidant, dans une rencontre extraconjugale, dont elle prendra conscience, sitôt consommée, que c’est pour elle une fausse piste, pire: une trahison de ses valeurs les plus chères.

Le couple vient voir le conseiller conjugal lorsque Paul, peu de temps après, apprend ce qu’il s’est passé, et s’en trouve bouleversé. Les premiers entretiens aident à l’expression, de part et d’autre, des ressentis les plus douloureux. Paul trouve, chemin faisant, les mots pour dire ce qui l’attache à elle, capacité qu’il ignorait avoir en lui. Un beau jour, elle dira « tu m’as dit, en l’espace de quelques semaines, tout ce que j’aurais rêvé d’entendre depuis 20 ans, et que je n’espérais plus »
A partir de là, ils vont prendre soin de se ménager du temps rien que pour eux deux, pas seulement pour la famille. Pourtant, il leur faudra encore de longs mois de travail pour surmonter l’épreuve. Combien de fois Paul dira-t-il à Léa: « rien, dans ton attitude d’aujourd’hui, ne me donne à penser que tu veuilles me quitter, et pourtant je n’arrive pas à conjurer l’angoisse que cela puisse se produire». Il leur faudra franchir le premier anniversaire de cet accident de parcours pour que les choses s’apaisent sérieusement.